La composition d’une photo, c’est apporter une esthétique à la façon dont les différents éléments de la scène sont agencés. C’est l’un des fondements de la photographie et, s’il est maîtrisé avec soin, il peut apporter à votre image une force incroyable. Une belle composition saura attirer le regard, provoquer des émotions puissantes, raconter une histoire, lorsque qu’une mauvaise composition rendra votre photo plate ou confuse.

Distinguer les éléments pour créer un cheminement visuel

Prenons l’exemple d’une prise de vue dans un marché : tout attire le regard en même temps, les étals, les passants, les couleurs criardes qui se battent avec des panneaux publicitaires.

Si rien vient organiser cette cacophonie visuelle, le regard s’égare et finit par quitter l’image. Composer ici consiste donc avant tout à établir un cheminement visuel. Mettez d’abord un élément fort dans l’image puis posez-le sur quelque chose. La règle des tiers est utile ici non pas comme recette mais comme outil pratique : elle permet de se défaire simplement du centre systématique. Un visage placé légèrement sur le côté avec de l’espace devant lui où se perd ce regard prendra souvent plus de tension qu’un portrait centré. À l’inverse, le centrage peut fonctionner pour une porte, une fenêtre ou une façade vue de face ou un portrait très frontal mais alors il faut assumer le fait qu’il y a symétrie et que c’est joli comme ça.

La hiérarchie visuelle se construit aussi par la lumière et la netteté(et donc profondeur de champ) mais aussi par la taille relative des éléments : à 18 heures dans une rue animée, un manteau rouge éclairée par une vitrine dominera naturellement un fond gris sale. Utilisez ce contraste au lieu de subir le désordre ambiant : avancez d’un pas pour faire grandir votre sujet, baissez votre ouverture pour isoler un plan ou tout simplement attendez que ce passant quitte le fond de votre photo. Le cadre doit désigner ce qui compte dans votre image sans laisser place au doute sur ce qui mérite d’être vu (ou non). Si vous prenez quelques secondes avant de répondre à la question «où va porter le premier regard ?», «que va-t-il voir ensuite ?», c’est souvent que votre photo manque de structure.

Analysez les lignes, les volumes et l’équilibre du cadre

Dans une gare, les rails, les quais et les verrières forment déjà une architecture graphique.

Il vous reste à l’exploiter. Leslignes sont des guidespour le regard : une route qui mène à un personnage, une rambarde qui coupe l’image, une ombre en diagonale qui donne de la vitesse. Avant même de porter votre œil dans le viseur, repérez les lignes directrices. Puisvous verrez si elles doivent mener au sujet, l’encadrer ou au contraire créer une tension. Les horizontales sont apaisantes, les verticales stabilisantes, les diagonales sont dynamiques. Parfois il suffit de faire pivoter légèrement le boîtier pour passer d’une image plate à une composition plus nerveuse.

Les volumes comptent autant que les lignes surtout dèsqu’unpremier plans’invite dans la composition. Une tasse floue au bord de la table, un tronc dans le parc, une épaule au concert : ces masses donnent de la profondeur mais à condition de mettre en valeur le sujet . Dans le cas contraire, elles écrasent votre sujet.Pensez enformes géométriques simples.Ce grand bloc noir qui occupe toute la gauche de l’image doit souvent être «contrebalancée» par une présence, une lumière ou un vide à droite. L’équilibre ne signifie pas symétrie; il veut dire que chaque zone du cadredoit peser son poids équitablement.Cherchez ce que vous avez laissé aux bords. Un coin trop chargé, une ligne qui sort mal, un objet coupé à la va-vite déséquilibre plus que vous ne le pensez.

Pour garder en mémoire ces fondamentaux,n’hésitez pas à vous créer quelquesgrilles d’analyse,à garder en tête lors de votre composition :

  • Repérez les lignes naturelles ou artificielles de votre image et guidez délibérément le regard vers votre sujet.
  • Jouez avec la lumière et l’ombre pour créer du volume et donnent de la profondeur afin de donner vie à votre image.
  • Repérez les vides qui vont permettre une respiration, évitant la surcharge d’information et permettant à votre sujet de sortir du fond.
  • Ajoutez des éléments qui paraissent interagir plutôt que de simplement juxtaposer des objets, afin d’instaurer une harmonie.
  • N’oubliez pas que le mouvement pouvant être suggéré par certaines lignes ou formes peut renforcer l’émotion ou la dynamique de votre photo.
  • Portez attention aux détails en bordure du cadre qui peuvent distraire ou au contraire compléter discrètement votre composition.

En apprenant à porter un regard affûté sur ces différents aspects, vous développerez peu à peu une sensibilité qui vous permettra de réaliser des images non seulement justes mais également empreintes de force et d’équilibre. La maîtrise des lignes, des volumes et du poids visuel dans une composition devient alors un véritable langage pour raconter une histoire sans mots.

Comment améliorer la composition de ses photos ?

Choisissez le bon angle de vue et épurez votre scène

À deux mètres près, ce n’est plus la même photo.

Debout, vous êtes un témoin; accroupi, vous rendez la scène tangible. Cechoix d’angle de vueest parfoisplus efficacequ’un changement d’optique. Pour photographier un enfant dans son salon, mettez-vous à sa hauteur : le décor n’a plus prise sur lui et son visage estmis en valeur. Dans la rue, grimpez sur un banc ou collez-vous à une vitre pour sortir du champ une voiture un peu trop présente. Le bon angle est celui qui ne s’impose pas par lui-même mais quiclarifie la lecturede la relation entre le sujet et son environnement.

Épurer ne veut pas dire vider. C’est débarrasser l’image deséléments parasitesqui gênent la lecture de la scène. Avant dedéclencher, balayez votre cadre comme on rangerait sonbureau en désordre. Un lampadaire semble poussé derrière une tête ?Décalez-vous de vingt centimètres.Une grosse enseigne blanche attire trop l’œil dans le fond ?Cadrez plus serré.Un trottoir gris occupe la moitié du bas de l’image sans rien y apporter ? Relevez votre appareil. Respectez cette discipline essentielleen voyage, au restaurant, dans une cour d’école… Bref partout où les détails s’accumulent. Tout doit avoir quelque chose à dire. Quand le, que l’arrière-plan ne discute plus et que l’image respire, elle devient beaucoup plus forte sans en avoir l’air !

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